| La vidéosurveillance fait désormais
partie du quotidien L'oeil est dans la ville Balade possible dans un Strasbourg bien réel. Année 1984+20, un jour comme les autres, sous l'oeil des caméras.
La surveillance, pour certains, ne s'arrête jamais. Elle démarre dès le réveil chez les techno-exhibos équipés d'une webcam afin de jeter les détails de leur vie privée à la face du monde. Caméras légales... Les lieux de travail et de consommation sont quadrillés. L'espace public le sera bientôt complètement : la Ville a déjà installé 40 caméras pour « lutter contre la délinquance ». Des yeux bienveillants et ultraperformants : rotation à 360°, zoom puissant, 8 000 à 9 000 euros la pièce. Coût : 2,6 millions d'euros, votés en avril 2003 par le conseil de CUS. D'ici la fin du trimestre, 40 nouveaux engins devraient apparaître à la Meinau et à Hoenheim. Bus et tram : En attendant, la Ville a recruté huit opérateurs pour manipuler les caméras déjà installées. Pour permettre un fonctionnement 24 h/24, six nouvelles recrues entreront bientôt en service. Quatorze professionnels, installés à la CUS dans une salle des écrans avec du matériel de pointe, configuré pour traquer le comportement suspect. Des cerbères qui signalent les délits à la police municipale ou au centre de commandement du commissariat du Heyritz auquel ils envoient les images en temps réel. Bus et tram n'ont rien d'un havre de paix. Ici aussi, c'est caméra pour tout le monde. Les yeux enregistrent tout, mais les images, conservées un mois, ne sont utilisées qu'en cas d'agression. Pour transmission à la police et/ou à la justice. 70 caméras, Une procédure de routine pour cette grande surface de l'agglomération, équipée de près de 70 caméras qui ont permis 850 interpellations en 2003. 34 fixes filment des points sensibles : bijouterie, salle de traitement des fonds, accès au poste de commandement, réserves etc. Certaines filment des gens à leur poste de travail. D'autres servent surtout à la prévention incendie : un opérateur est devant son écran 24 h/24, 365 jours par an. Utilisation illégale Ce vendredi, un des 10 surveillants de la grande surface, posté en mezzanine au-dessus des travées, signale une adolescente au collègue planté devant son mur d'images. Cinq secondes suffisent pour qu'il la trouve. Elle apparaît à l'écran. Il l'observe quelques instants : « Je la sens pas », marmonne-t-il en tripotant son joystick pour zoomer sur la bouille de la petite. Il ajoute : « Elle a l'air perdue : elle regarde partout, elle compte beaucoup ses sous ».
M.P.
Lire également en page LO 12 : la carte des caméras installés dans la CUS, le circuit filmé d'un citoyen ordinaire et l'interview d'un chercheur en information scientifique et technique.
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