Vigilants

 La vidéosurveillance se développe à un rythme effréné - la préfecture du Bas-Rhin a autorisé 2 033 systèmes entre 1997 et 2003 -, mais y a-t-il quelqu'un pour surveiller les vidéosurveillants ? « Pas vraiment », répondent les Cassandre qui s'inquiètent de la prolifération des systèmes.
 A Strasbourg, deux groupes se mobilisent discrètement depuis an, fleurissant régulièrement les poteaux du centre-ville d'affichettes avec des slogans type « Si vous n'avez rien à vous reprocher, pourquoi vous surveille-t-on ? ».
 « Que le quidam ne se pose aucune question, c'est effrayant. Mais que les syndicats, les partis, les relais dans les communautés ne se soient jamais mobilisés contre les caméras, c'est désolant », explique un des colleurs.
 Et le militant afficheur de déplorer : « Il faudra un dérapage pour que les gens prennent conscience du danger ».
 Ce à quoi la Ville répond : « Nous sommes contrôlés au préalable par une commission préfectorale. Une commission d'éthique se met en place. Et nous parlons de 80 caméras, soit autant que dans un seul hypermarché ». En substance : c'est le privé qui peut déraper, pas nous.

Big Brother
awards

 En l'absence de débat sur l'efficacité des garde-fous, un micro-évènement médiatique joue les empêcheurs de surveiller en rond : la remise annuelle des Big Brother awards (BBA), organisée par un collectif d'associations, d'artistes opposés à la montée en puissance des technologies de contrôle : biométrie, vidéosurveillance etc.
 Strasbourg, déjà nominé pour le « off » 2001, suite à l'équipement des bus et trams, pourrait se distinguer lors de la prochaine cérémonie de remise des prix, le 4 février.

Manuel Plantin


© Dernières Nouvelles d'Alsace  - Dim 1 fév. 2004 Fermer la fenêtre