Pour la CUS, les graffitis sont cher payés

Guerre aux tags


Les membres du groupe TFG (The Fatal Gang), interpellés cette semaine,
sont responsables d'un grand nombre des dégradations commises dans la CUS depuis plus d'un an.
(Photo DNA - Michel Frison)

Suite à une enquête qui aura duré plus d'un an, une dizaine de jeunes taggeurs a été interpellée cette semaine à Strasbourg. Le nettoyage des tags et graffitis représente une dépense importante pour la communauté urbaine de Strasbourg qui y a consacré 450 000 euros l'année dernière.

« Tag : signature codée formant un dessin d'intention décorative sur une surface -mur, métro, wagon de train » (Petit Robert). Mais à la différence du tag, qui n'est souvent qu'une simple signature, le graff s'apparente à une fresque colorée et peuplée de personnages de comics américains. Indissociable d'une imagerie hip-hop très codifiée et colorée, les graffs fleurissent sur de nombreux murs strasbourgeois comme au bunker de l'Orangerie ou dans le quartier de la Laiterie.
« Pour nous, tant qu'il s'agit d'une inscription déposée sur une surface publique ou privée appartenant à un tiers, graff ou tag, cela n'a rien à voir avec de l'art, c'est de la dégradation pure et simple. » Francis Jaecki, directeur général délégué à la sécurité à la CUS, est formel. Les tags et autres graffitis sont pris très au sérieux par le service propreté de la ville de Strasbourg.

Jusqu'à 7500 euros d'amende

 Chaque jour, trois à quatre équipes de 2 agents tournent dans la CUS pour répondre aux signalements des particuliers. Pour endiguer la prolifération, la mairie a confié l'effacement des inscriptions indésirables à une société privée, qui peut facturer jusqu'à 9000 euros l'enlèvement d'un seul tag. Quand les auteurs des tags sont interpellés, souvent en flagrant délit, la police les amène à nettoyer eux-mêmes leurs inscriptions. Et l'amende encourue peut être très salée, jusqu'à 7500 euros dans le cas de bâtiment public ou classé.
 « Nous travaillons en collaboration avec la police municipale et nous nous aidons du système de caméra de vidéosurveillance mis en place à Strasbourg », explique Francis Jaecki. Du côté de la police nationale, on souligne que le nombre de tags en centre-ville a beaucoup baissé depuis l'installation des caméras à Strasbourg.
 Reste qu'en 2003, le service de propreté de la ville a dénombré pas moins de 6000 interventions dans le secteur de la CUS représentant 80 000 m² traités, pour un coût total de 450 000 euros.
Des mesures préventives ? Il en existe bien quelques-unes, comme la possibilité d'enduire ses murs à l'aide d'un revêtement spécial anti-tag. Mais pour les bâtiments anciens, la question ne se pose pas.
« Ces dégradations sont inadmissibles et visuellement, c'est souvent très agressif. Les enquêtes que nous menons parallèlement pour trouver les coupables de ces actes ne sont donc pas à négliger.»

B.L.

© Dernières Nouvelles d'Alsace  - Sam 13 mars 2004