Les objections officielles
- "Les caméras sont installées suivant des règles
strictes après avis du Préfet et du tribunal".
- "Le système de vidéosurveillance est contrôlé
par une commission indépendante (à Strasbourg)".
- "La vidéosurveillance a été installée au
centre de Strasbourg dans le quartier commerçant, il ne sert pas a
contrôler les pauvres"
- "Les espaces privés sont protégés par des caches
éléctroniques pour éviter aux opérateurs de regarder
dans les maisons"
Les objections recueillies sur le forum.
- "Lorsque je me déplace dans un lieu public, je suis déjà
sous "l'objectif" de centaines d'yeux susceptibles de me regarder.
(c'est d'ailleurs pourquoi je ne me ballade jamais à poil dans la rue
...)."
Vous regarder oui, vous suivre et vous enregistrer non. Il y a une grande
différence entre voir et espionner...
- "Si un comportement "antisocial" peut être prévenu,
voir sanctionné par le biais d'une caméra, je ne vois pas la
différence avec le fait d'être directement stoppé par
un agent de la force publique !"
Les guillemets sont judicieux ; qu'est ce qu'un comportement "antisocial"
?
Qui détermine les limites de ce comportement ?
Car c'est bien les comportements sociaux qui sont observés grâce
à cet outil.
De plus, "la prévention" se fait d'après quels critères
?
L'étude d'un comportement (est-il un bon consommateur ou non) ? Le
casier judiciaire des observés, à la gueule du client, si on
n'est pas d'accord avec l'action en cours.
Et pour élargir le débat, pourquoi tant de comportements antisociaux
?
- "Si une "mémé" peut ainsi regagner son domicile
sans se faire arracher son sac à main, je dis BRAVO !"
Moi aussi je dis BRAVO. Mais pour l'efficacité réelle je
suis ignorant des résultats (1).
- "grâce aux caméras les citoyens se sentent plus en
sécurité"
>> je n'en suis pas sur, cela demande une enquête sérieuse
(1) et puis quel sont les citoyens qui se sentent moins en sécurité
?
- "Est ce que les caméras sont regardées 24h/24h??????
"
>> Non seulement elles sont regardées 24/24, mais vos faits
et gestes (2) sont enregistrés 24/24.
Vous aurez la joie alors en cas d'agression, de revoir la scène pour
confirmer que vous vous êtes fait agresser.
- "les caméras ne règleront jamais tous les problèmes
mais un minimum."
En régler un minimum peut-être (1) mais en créer d'autres
aussi. comme par exemple: Qui contrôle ceux qui nous surveillent ? Personne
! La commission de contrôle annoncée dans les médias n'existe
pas dans les faits.
Etes-vous rassuré que des inconnus connaissent le moindre de vos faits
et gestes ? Si j'étais une jeune étudiante (ou un banquier),
je ne le serais pas.Etes-vous bien sur que derrière la caméra
et aux manettes de contrôles des enregistrements, ce soit des démocrates
pensant à la défense de votre chère citoyenneté
?
L'histoire nous apprend à être méfiant
Quel sont nos recours en cas d'utilisation par des groupes politiques (de
droite comme de gauche) des informations détournées, sur nos
(vos?) activités et rencontres ; militantes, politiques, religieuses,
associatives ?
Aucun : Car vous n'avez AUCUN moyen de contrôle sur vos images et
leur utilisation.
(1) Je suis en attente des résultats sur la "délinquance"
et sur le sentiment d'insécurité.
(2) Si vous plaisez à l'opérateur ou si vous êtes "louche"
au yeux du dit opérateur.
Argumentaires
- Pourquoi tant de précautions ? La nouveauté dans la vidéosurveillance,
est qu'il est ultra facile et pas cher, de surveiller quelqu'un à son
insu, de constituer par là même un fichier sur de nombreuses
personnes, ensuite par exemple de le stocker dans un autre lieu, et de les
traiter à un niveau hors-contrôle des pouvoirs et contre-pouvoirs
locaux.
- Principe de proportionalité : exemple Ploermel dans le morbillant
8000 habitants 36 caméras.
- Principe de surveillance temporaire
- Epie tous les citoyens (journalistes, enquêteurs, juges, syndicalistes,
militants politiques (colleurs d'affiches), militants associatifs, minorités
sexuelles, religeux)
- La police fait la norme
- Droit à l'anonymat
- Contrôle social (pauvres, jeuns)
- Droit syndical ou à manifester.
- Changement : loi limite en cas d'abus en loi limite indépassable.
- L'acceptation de la vidéosurveillance comme outil de régulation
sociale, tue la politique (tolérance zéro politique zéro)
- Outil puissant de contrôle social qui n'a face à lui aucune
volonté de le surveiller.